Nelson Mandela

Leader de la lutte contre l'apartheid et président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non ségrégationnistes.
Inspiré par Ghandi, avec l'ANC (African National Congress, Congrès national africain) il entreprend d’abord une lutte non-violente contre le régime de l’apartheid. En 1961, Après l’interdiction de l’ANC et le massacre de Sharpeville(21 mars 1960), il crée la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe (le fer de lance de la nation) en collaboration avec le parti communiste d’Afrique du Sud et commence à théoriser la violence. Pour lui, dans la lutte armée, il y a quatre étapes: le sabotage, dont l'objectif est de détruire des objets matériels en s'assurant qu'il n'y ait aucune victime, la guérilla, qui consiste à former des groupes armés qui luttent contre la police et les forces militaires, le terrorisme et enfin la révolution.
Mandela sera considéré un terroriste par les États-Unis et le Royaume Uni. En particulier le président américain (1981-1989) Ronald Reagan s’opposa fortement aux sanctions que le parti démocratique américain voulait imposer au régime ségrégationniste sud-africain. La dame de fer (Margaret Thatcher, premier ministre britannique 1979-1990) arriva à dire que «L'ANC est une organisation terroriste typique ... Quiconque pense qu'il va gouverner l’Afrique du Sud vit dans les nuages (cloud-cuckoo land)”. Les États-Unis ne retireront de leur liste noire du terrorisme le nom de l'ancien président sud-africain et de son parti que le 28 juin 2008. Ce qui veut dire que lors des visites de Mandela à la maison blanche de 1990 à 2008, les présidents américains Bush père, Clinton et Bush fils recevaient celui qu’ils considéraient un terroriste!

Le 5 août 1962, il est arrêté par la police sud-africaine sur indication de la CIA, puis condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité.

Après 27 ans d’emprisonnement Mandela sera libéré le 11 février 1990. La lutte armée de l’ANC ne terminera que le 6 août 1990 en prévision de la Convention pour une Afrique du Sud démocratique (Codesa) où va se négocier une constitution de transition. Le 30 juin 1991, le parlement sud-africain vote la suppression des dernières lois piliers de l'apartheid encore en vigueur. Le 15 octobre 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix conjointement au président sud-africain Frederik De Klerk, le démolisseur du système ségrégationniste. À la suite des premières élections générales multiraciales du 27 avril 1994 remportées largement par l'ANC (62,6% des voix), il est élu président de la république d'Afrique du Sud. Il ne se présentera pas à sa propre succession en 1999.

Il est mort le 5 décembre 2013 à Johannesburg.