Oui mon commandant !

Le titre fortement voulu par l’auteur pour le deuxième tome de ses mémoires indique l’ “expression conjuratoire” avec laquelle les indigènes cherchaient de se tirer des griffes des “dieux de la brousse”, les administrateurs coloniaux. A la fin de “Amkoullel, l’enfant peul”, le jeune Hampâté Bâ avait pris congé de nous au moment de son départ pour la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) pour y entreprendre sa carrière dans l’administration coloniale. Au cours des dix ans qui suivront, il deviendra un homme et prendra conscience du fonctionnement et des méfaits de la colonisation. Il nous fait part des abus de pouvoir des administrateurs et des rares cas d’équité. À plusieurs occasions, lui et se collègues indigènes, mettront leur poids de fonctionnaires sur la balance de la justice pour soutenir la cause d’un œuf (un noir) qui s’est cogné à une pierre (un blanc)....